Actualité de la FIVAPE

Mise à jour du rapport de Public Health England

Dans la lignée du précédent, ce nouveau rapport de l’agence gouvernementale de santé britannique confirme le potentiel de la vape dans l’arsenal anti-tabac. Le Royaume Uni affiche une fois de plus son pragmatisme et son ambition en matière de réduction des risques.

Mise à jour du fameux rapport 2015, le rapport 2018 couvre l'utilisation de la cigarette électronique chez les jeunes et les adultes, les attitudes du public, l'impact sur l'abandon du tabac, les risques pour la santé et le rôle de la nicotine. Il aborde également les produits du tabac chauffés, absents du précédent rapport, en mobilisant des données remontant au 1er janvier 2010. Ses conclusions confirment non seulement celles de 2015 mais apportent la preuve que le vapotage a joué un rôle dans la baisse de la prévalence tabagique au Royaume-Uni. Pour l’organisme de santé, il est clair que les produits de la vape ont un rôle important à jouer dans l'ambition d'une génération sans fumée.

Dans le communiqué de presse diffusé par PHE, le Professeur John Newton, directeur de l'amélioration de la santé à Public Health England déclare : “Notre nouvelle analyse renforce le constat que le vapotage est au moins 95 % moins nocif et qu'il présente un risque négligeable pour l’entourage. Pourtant, plus de la moitié des fumeurs croient faussement que le vapotage est aussi nocif que le tabac ou ne le savent tout simplement pas. Il serait tragique que des milliers de fumeurs qui pourraient cesser de fumer à l'aide d'une cigarette électronique soient renvoyés à cause de fausses craintes quant à leur sécurité.”

Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :

  • Le vapotage présente infiniment moins de risques que fumer et apporte des avantages substantiels pour la santé.

  • Les cigarettes électroniques pourraient contribuer à au moins 20 000 nouveaux décrochages réussis par année et probablement beaucoup plus (limite haute estimée à 57 000).

  • L'utilisation de la cigarette électronique est associée à une hausse des taux de réussite au cours de la dernière année et à une baisse accélérée des taux de tabagisme partout en Grande Bretagne.

  • Plusieurs milliers de fumeurs croient à tort que le vapotage est aussi nocif que fumer ; environ 40 % des fumeurs n'ont même pas essayé une cigarette électronique.

  • Il y a beaucoup de malentendus au sujet de la nicotine chez le public : moins de 10 % des adultes comprennent que la plupart des effets néfastes du tabac sur la santé ne sont pas causés par la nicotine). A ce sujet, le Professeur Ann McNeill, auteur principal et professeur de Tabac Addiction au King's College de Londres a déclaré : “Il est très préoccupant que les fumeurs comprennent encore si mal les causes du tabagisme. Quand les gens fument des cigarettes de tabac, ils inhalent un mélange létal de 7 000 constituants de fumée, dont 70 sont connus pour causer le cancer. Les gens fument pour la nicotine, mais contrairement à ce que la grande majorité croit, la nicotine cause peu ou pas de dommages. La fumée toxique est le coupable et la cause écrasante de toutes les maladies liées au tabac et à la mortalité. Il y a maintenant plusieurs alternatives pour obtenir de la nicotine, y compris les gomme, les sprays nasaux, les pastilles et les e-cigarettes.

  • Les données probantes ne corroborent pas le fait que les cigarettes électroniques sont une passerelle vers le tabagisme chez les jeunes. Les taux de tabagisme chez les jeunes au Royaume-Uni continuent de baisser, l'utilisation régulière est rare et est presque entièrement confinée à ceux qui ont déjà fumé. Le Professeur Linda Bauld, auteur et professeur de politique de santé, Université de Stirling et présidente de la recherche comportementale pour la prévention du cancer au Cancer Research UK, s’exprime sur ce point : “Des inquiétudes ont été exprimées sur le fait que l'utilisation de la cigarette électronique conduirait les jeunes à fumer. Mais au Royaume-Uni, la recherche montre clairement que l'utilisation régulière de cigarettes électroniques chez les jeunes n'ayant jamais fumé demeure négligeable, soit moins de 1%, et que le tabagisme chez les jeunes continue de diminuer à un rythme encourageant. Nous devons suivre de près ces tendances, mais jusqu'à présent, les données suggèrent que les cigarettes électroniques ne conduisent pas les jeunes à fumer régulièrement.

Au regard des conclusions, PHE appelle les fumeurs, plusieurs organismes et les professionnels de la santé à agir sur la base des preuves. Les fumeurs sont ainsi invités à essayer la cigarette électronique tout en combinant son utilisation avec le soutien d’un service dédié comme le National Centre for Smoking Cessation and Training. 
Les professionnels de la santé sont eux appelés à fournir un soutien comportemental aux fumeurs qui veulent arrêter avec la vape. Ils peuvent désormais se former grâce à un cours en ligne sur le site du National Centre for Smoking Cessation and Training. PHE recommande enfin que les cigarettes électroniques soient disponibles à la vente dans les magasins des hôpitaux, que les abris fumeurs soient retirés et que toutes les occasions pour encourager et aider les patients à arrêter de fumer soient saisies.

 

Les points “secondaires” non repris dans le communiqué

D’autres conclusions s’avèrent intéressantes à la lecture du rapport, notamment :

  • Les boutiques de vape spécialisées (locaux physiques plutôt qu'en ligne) sont les lieux d'achat les plus populaires (> 40%)
  • Au cours de la première moitié de 2017, les taux de réussite au décrochage en Angleterre ont été les plus élevés observés jusqu'ici et, pour la première fois, la parité entre les différents groupes socioéconomiques a été observée. Il est plausible que les cigarettes électroniques aient contribué à cela.
  • Les risques comparés de maladie cardiovasculaire et de maladie pulmonaire n'ont pas été quantifiés, mais ils risquent aussi d'être largement inférieurs aux risques liés au tabagisme. Parmi les utilisateurs d'e-cigarette, deux études de données sur les biomarqueurs de l'acroléine, un puissant irritant respiratoire et produit de dégradation de la cigarette électronique quand elle fonctionne mal, on été menées. Les niveaux détectés chez les vapoteurs ont été identiques à ceux trouvés chez les non-fumeurs.
  • Les cigarettes électroniques peuvent libérer des aldéhydes si les e-liquides sont surchauffés, mais la surchauffe génère un goût aversif.
  • À ce jour, il n'y a aucune preuve claire que des arômes spécifiques posent des risques pour la santé, mais certains suggèrent que l'inhalation de certains pourrait être une source de risques évitables.
  • À ce jour, les niveaux de métaux identifiés dans les aérosols d'e-cigarette ne soulèvent aucun problème de sécurité important
  • La déclaration de certaines études universitaires a été trompeuse.

 

Le rapport en PDF : Evidence review of e-cigarettes and heated tobacco products 2018

Le rapport sur le site de Public Health England.