Fausses nouvelles et buzz alarmistes, la vape attaquée

Une nouvelle fois une étude sur la cigarette électronique donne lieu à une interprétation alarmiste par certains “médias” du web.

A juste titre, Sébastien Béziau pousse un coup de gueule en publiant un article sur Vap’you, Vapotage, putaclic et publicité pour de l’industrie pharma…, pour dénoncer “certains titres [qui] se laissent aller aux dérives du putaclic en s’abonnant à des agences spécialisées qui ne produisent du contenu que dans l’objectif de créer du trafic au mépris de toute déontologie.” A  l’heure où certains Français croient encore que la vape est plus dangereuse que le tabac, il est parfois temps de remettre l’honnêteté intellectuelle et scientifique au centre de la démarche journalistique.

Alors qu’en France toute publicité et propagande pour le vapotage sont interdites, comment lutter contre la diffusion de fake news qui entretiennent la désinformation alors même que les scientifiques et Santé Publique France ont reconnu le rôle de premier ordre du vapotage dans le sevrage tabagique ?

L’Assemblée Nationale vient d’adopter deux propositions de loi pour combattre les “fausses nouvelles”. Serait-ce le début d’un assainissement de l’information ? Pas sûr si l’on en croit l’analyse de Nicolas Hervé, spécialiste dans l’étude de l’information et de ses modes de diffusion à l’ère du numérique.

Dans une interview accordée aux Inrocks, ce dernier estime que la loi “a des critères trop restrictifs pour s’appliquer régulièrement et totalement, par exemple en ne concernant que quatre semaines en période électorale et quatre autres période pré-électorale. Ensuite, le fait que le juge doive décider en 48h de la justesse ou non d’une information est un temps beaucoup trop court. On prend donc le risque de légitimer une information fausse, faute d’avoir le temps d’en examiner la nature. De plus, toutes les manipulations ne seront probablement pas attaquées en justice. On prend le risque ici aussi de blanchir des fausses nouvelles parce qu’elles ne sont pas examinées.”

Nicolas Hervé met également l’accent sur les plateformes des réseaux sociaux qui “ont pris une importance énorme dans le rôle de diffusion de l’information” et “dont les intérêts leur sont propres et économiques”. Or la proposition de loi ne tient pas compte de ces plateformes.

Enfin, l’influence de l’argent dans les médias, que ce soit par l’actionnariat et l’influence des annonceurs sur la ligne éditoriale est également pointée du doigt par l’analyste.

Alors, comment apprendre aux internautes à “analyser une information, la décrypter et connaître sa source” à l’heure lorsqu’on est soumis à un flux de plus en plus important, de plus en plus volubile mais qui reste pourtant inscrit dans les limbes du net ?

L’intégralité de l’interview de Nicolas Hervé dans les Inrocks est consultable ici.

Magali EGLER - Chargée de communication, le 13 juillet 2018
diam leo luctus porta. Nullam consectetur ut Aenean