La FIVAPE fête son 500e adhérent ! Zoom sur La Boîte à Vapeur, boutique indépendante de Saint-Maixent-l’Ecole

Jennifer Pereira a ouvert La Boîte à Vapeur le 20 janvier 2014. Aujourd’hui, 500e adhérent de la Fivape, la boutique est sur le point de déménager pour un local plus grand (54 m2) afin de mieux accueillir ses clients avec Sébastien, le vendeur qu’elle a embauché.

 

Jennifer, racontez-nous les circonstances de l’ouverture de votre boutique

En 2013, j’étais sans emploi et j’ai tenté de me reconvertir dans l’aromathérapie. Hélas j’avais dépassé l’âge de 26 ans qui m’aurait permis de trouver un emploi en apprentissage. Et comme beaucoup de patrons de vape shop, j’ai d’abord été fumeuse. Après 22 ans de tabagisme, j’avais le sentiment que je ne pourrai jamais arrêter. Un ami m’a fait tester la vape en avril, en août j’arrêtais totalement la cigarette. Le seul souci, c’est qu’il fallait faire 20 km pour acheter mes liquides. Vous devinez la suite : je me suis mise sur le projet de boutique début septembre 2013, j’ai suivi une formation à la Chambre de Commerce de Niort et la boutique a ouvert en janvier 2014 !

 

C’est très rapide et ça a l’air d’avoir été facile…

Etant au chômage, j’avais le temps de travailler sur mon dossier. Il a donc été prêt très rapidement. Ma banque, le Crédit Agricole, et la Chambre de commerce ont suivi les yeux fermés. Pourtant j’avais prévu des provisionnels très bas.

Vous étiez commerçante auparavant ?

Pas du tout ! J’ai une formation dans le transport et je travaillais au service affrêtement d’une grosse entreprise de transport. La vape a changé ma vie à plusieurs niveaux. Ce fut une rencontre exceptionnelle, voire une résurrection. Dès l’ouverture de la boutique, j’ai eu mille fois plus de plaisir que dans mon ancien travail. Et de plus mon désir d’aider les autres est pleinement satisfait.

Selon vous, qu’est-ce que vos clients apprécient le plus dans votre boutique ?

D’après les dires de mes clients, l’écoute, le conseil, l’accompagnement, la disponibilité sont particulièrement appréciés. J’imagine que cela compte puisque j’ai des clients qui viennent de Niort, d’Angoulême, des Parisiens en vacances et même un client militaire aux Emirats Arabes qui ne se fournit que chez moi ! La plupart arrivent grâce au bouche-à-oreille.
J’ai eu aussi la chance d’être formée par Fanny Castel [ex-infirmière, créatrice de Vap’n Joy et auteur du livre Ma vapothérapie]. Ses conseils m’ont beaucoup aidée pour savoir prendre les fumeurs en charge.
Je dois cependant avouer être une mauvaise commerciale. Par exemple, si je sens que les gens ne sont pas prêts à « switcher », je ne leur vends rien ; et nous nettoyons ou dépannons le matériel de nos clients gratuitement. Mon fil rouge c’est d’aider les gens à arrêter de fumer, le reste est moins important.

Quelles sont les principales préoccupations des clients ?

Les questions les plus fréquentes concernent hélas, la prétendue dangerosité de la vape qui est véhiculée régulièrement au travers des titres accrocheurs des médias et par le traitement alarmiste des sujets, souvent mal documentés.
Cette méconnaissance et ce manque d’information qui touchent également les médecins et personnels de santé, sont un véritable frein dans le processus d’arrêt du tabac par la vape. Nous passons donc beaucoup de temps à faire de la pédagogie de base pour rassurer les clients.

Que vape-t-on à Saint-Maixent-l’Ecole ?

Majoritairement les primos partent sur des saveurs tabac et menthe pour passer plus tard et selon leurs goûts sur du fruité. Du point de vue du dosage en nicotine, je conseille toujours le taux le plus élevé possible pour commencer le sevrage. Si certains sont axés sur l’idée de faire du nuage, il y a toute une éducation à faire pour leur faire prendre conscience que ce type de vape lié à un taux de nicotine faible ne les aidera pas à arrêter de fumer. D’autres veulent diminuer trop rapidement la nicotine et rechutent. La méconnaissance de l’importance et de la non-dangerosité de la nicotine est un autre point qui nécessite de la pédagogie.
Je développe aussi le DIY. Cela permet à chacun, et notamment aux personnes sensibles au PG de gérer leur ratio PG/VG. Cela permet également de proposer une offre meilleure marché et d’éviter que le client aille acheter sa fiole à 3,50 € chez le buraliste !
Les liquides au CBD ne sont proposés qu’à la demande. Il est toutefois plus compliqué de conseiller un dosage pour des personnes souffrantes sous traitement. Quant à ceux qui cherchent la « défonce », ils sont immédiatement avisés du caractère non-psychotrope du CBD. Les ventes de liquides au CBD restent malgré tout marginales dans la boutique.

Que pensez-vous de l’arrivée des buralistes dans le marché de la vape ?

J’ai peur pour l’avenir des boutiques spécialisées. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai décidé d’adhérer à la Fivape. Plus on est nombreux, plus on est fort et il va falloir nous défendre face à leur offensive.
Pour l’instant, je ne suis pas trop impactée. Les buralistes voisins vendent de la vape mais ils la vendent mal et souvent je récupère les clients des buralistes. L’inverse est vrai également : certains clients commencent la vape en boutique puis finissent par acheter leurs liquides à 3,50 € chez le buraliste. Pour l’instant je suis la seule à proposer des produits de haute qualité mais que se passera-t-il si les buralistes vendent les mêmes à prix cassés ?
Ce qui m’inquiète aussi c’est qu’ils sont en train de se former à la vape grâce à la formation mise en place par leur confédération et que de plus en plus de « vape corner » sont créés dans les bureaux de tabac parfois même avec embauche d’un vendeur spécialisé. Je n’ose imaginer si tous se mettent à faire pareil…

Que comptez-vous faire pour résister à cette concurrence ?

Ce que je fais aujourd’hui : j’aide les gens dans leur sevrage tabagique au contraire des buralistes qui s’en fichent puisque même en cas de rechute, ils récupèrent le client rayon cigarettes.
Je continuerai également à prendre le temps quel que soit le problème du client. Ici, nous passons entre 45 minutes et 1 heure à équiper un primo-accédant. D’ailleurs cela crée souvent une queue sur le trottoir ! Mais les clients n’ont pas l’air de m’en vouloir : selon eux, si je passe du temps avec quelqu’un, c’est signe que je me consacrerais autant que nécessaire avec eux. Je mets d’ailleurs un point d’honneur à mettre mes clients en valeur : je les connais tous par leur nom, je sais de quel matériel ils sont équipés et quel e-liquide ils vapent. Ce sont des petites choses mais elles fonctionnent. Toujours avec le sourire évidemment !

Magali EGLER - Chargée de communication, le 10 juillet 2018
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